Les incendies

 

En Nouvelle-Calédonie, les incendies, ou "feux de brousse", constituent une des premières causes de destruction des milieux naturels. Que ce soit directement ou indirectement, des écosystèmes sont touchés sur terre, dans les rivières, et jusqu'au lagon.

Pour mesurer l'ampleur de cette pression et aider à mettre en place des mesures de gestion adaptées, il faut avoir une connaissance fine de la façon dont les écosystèmes sont impactés. C'est dans ce but que l'OEIL et ses partenaires ont développé un système de surveillance et d'analyse par satellite de l'étendue et de l'impact environnemental des incendies. 

Cet outil permet, d'établir pour chaque année un bilan des dommages causés aux milieux naturels. Vous trouverez sur cette page les caractéristiques générales des incendies et de leurs conséquences environnementales en Nouvelle-Calédonie. 

 

Sommaire :

Fiche technique des incendies en Nouvelle-Calédonie

Des conséquences irréversibles

Les activités humaines pour principale cause

Informer, sensibiliser et impliquer le grand public pour responsabiliser

Redoubler de vigilance à la saison sèche : les acteurs de la lutte

 

Fiche technique des incendies en Nouvelle-Calédonie

Saison des incendies

> entre août et janvier

Les incendies sont le plus fréquemment observés entre août et janvier, même si le risque existe toute l’année.
La saison administrative des feux de forêt (SAFF) s'étend tous les ans du 15 septembre au 15 décembre. En moyenne, 33 % des incendies détectés ont lieu hors SAFF, et 67 % pendant la SAFF. Pendant ces trois mois, les acteurs de la lutte sont en alerte 24 heures sur 24.

 


Origine

> humaine à 99 %

90 % des incendies sont localisés à moins de 500 mètres d’une route ou installation humaine. Les usages du feu sont nombreux en Nouvelle-Calédonie depuis l'arrivée de l'Homme, mais l'ensemble des activités humaines a peu à peu fragilisé les milieux naturels, les rendant vulnérables face aux feux.
Ces changements globaux imposent une adaptation locale des pratiques, et une prise de conscience générale orientée vers la préservation des services que les écosystèmes nous rendent.

 


Surfaces brûlées

>  Entre 10 et 30 000 hectares par an

Chaque année, les milieux naturels calédoniens voient entre 10 et 30 000 hectares disparaître sous les flammes.
Cela représente jusqu'à six fois la superficie de Nouméa (4 500 ha).

 

Des conséquences irréversibles

L'appauvrissement et la réduction de nos forêts
Les forêts dominaient le territoire avant l'arrivée de l'Homme. leurs vastes étendues ont été, par son action, découpées en une multitude de fragments de tailles et de formes variées. Au coeur des fragments les plus larges, le maintien d'une certaine humidité empêche le feu de se propager. En revanche, leurs lisières, plus exposées au dessèchement, vont brûler à chaque passage de feu et donc, reculer. Certains milieux se désertifient et deviennent de plus en plus sensibles au risque de feu. C’est le cas de la forêt sèche. Elle a aujourd’hui pratiquement disparu du territoire, en partie à cause du feu.

Espèces envahissantes
La destruction des forêts facilite l'installation d'espèces animales et végétales envahissantes qui, parce-qu'elles sont très compétitives, augmentent le risque de disparition des espèces locales et endémiques.

La perte de biodiversité 
Un incendie détruit la végétation et la faune qu'elle abrite, de même qu'il dégrade la fertilité du sol en détruisant la micro-faune et les champignons : les espèces endémiques et surtout micro-endémiques risquent ainsi de disparaître. 

L'érosion des sols
La disparition du couvert végétal engendre l'érosion des sols qui étaient autrefois protégés par le feuillage et stabilisés par les réseaux de racines. Les conséquences sont des glissements de terrain à l'origine de graves désordres, et le colmatage des creeks causant leur appauvrissement.

Ressource en eau
La forêt joue un rôle de régulateur dans le cycle de l'eau. Durant la saison des pluies, elle se gorge d'eau telle une éponge, et optimise l'infiltration des eaux en freinant le ruissellement, ce qui limite les crues. Pendant la saison sèche, elle restitue cette précieuse ressource, et limite les effets de la sécheresse. La destruction de la forêt par le feu augmente la sensibilité des sols à l'érosion, et agit sur la fréquence et l'intensité des crues. Le feu perturbe ainsi le fonctionnement naturel des bassins-versants, la ressource disponible en eau et sa qualité. 

Perturbation des écosystèmes marins
L'érosion augmente les apports de particules de terre dans les cours d'eau, puis dans le lagon, contribuant à envaser les herbiers et les récifs du bord de mer qui jouent le rôle de nurseries et fournissent des habitats à la faune marine (mollusques, crustacés, poissons, etc.). 

Dérèglement climatique
La combustion des végétaux dégage dans l'atmosphère des gaz à effet de serre, contribuant ainsi au dérèglement climatique à l'échelle de la planète. En 2018, année de moindre pression sur le front des incendies, ces dégagements imputables aux feux en Nouvelle-Calédonie ont été estimés à 110 600 tonnes équivalent COsoit 1,4 % des émissions totales du territoire cette année-là. A l'inverse, en 2017, cette estimation s'élevait à 5,2 % des émissions totales de gaz à effet de serre de l'année. 

Pollution atmosphérique
Les fumées dégagées en cas d'incendie de végétation contiennent des polluants atmosphériques, tels que les particules fines par exemple, participant à dégrader la qualité de l'air. 

 

Les activités humaines pour principale cause

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On constate rapidement à la lecture d’une carte de répartition des incendies sur le Territoire qu’elle est inégale. Le programme de recherche INC (« Incendies et biodiversité des écosystèmes en Nouvelle-Calédonie ») s’est penché de 2008 à 2012 sur les explications de l’existence de « points chauds », ces zones qui brûlent de façon répétée et intense : l’île des Pins, Thio et Canala, Houailou, Ouégoa et Koné apparaissent comme tels entre 2000 et 2017. A l'inverse, la côte Oubliée semble épargnée. 

Le croisement des données géographiques avec les détections par satellites des incendies grâce permet d'étudier la distance qui sépare les installations humaines des points de départ de feux. 

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Ce que ces analyses nous montrent, c'est que 90 % des feux se déclenchent dans un rayon de 500 mètres autour d'installations humaines, qu'il s'agisse de routes, pistes, ou bâtiments.

On estime donc que derrière la grande majorité des incendies, il y a la main de l'Homme. Les usages du feu sont en effet nombreux en Nouvelle-Calédonie depuis son arrivée, mais l'ensemble des activités humaines a peu à peu fragilisé les milieux naturels les rendant vulnérables face aux feux. Ces changements globaux imposent une adaptation locale des pratiques, et une prise de conscience générale orientée vers la préservation des services que les écosystèmes nous rendent. 

Il revient donc à chacun d’entre nous d’adopter des comportements responsables en particulier en période de sécheresse.

Le dispositif de surveillance par satellite mis en place par l’OEIL permet également une analyse a posteriori des surfaces impactées par les incendies. C'est ainsi que se dressent les évaluations plus fines des dégâts causés en matière de perte de biodiversité puisque l’on est capable d’évaluer quelle surface de quel type de milieu naturel a été détruite.

Ci-dessous pour exemple l’analyse faite après l’incendie de Tontouta qui a ravagé fin octobre 2017 près de 1800 hectares.


Incendie de la Tontouta, fin octobre 2017 (Sources : Copernicus, OEIL)

 

 

Informer, sensibiliser et impliquer le grand public pour responsabiliser

Un service d'alerte par courriel et un portail d'analyse géographique

L’OEIL met à disposition le portail cartographique Vulcain, permettant de visualiser en temps réel une carte des surfaces potentiellement impactées par des incendies depuis 2001.

Accéder au géoportail Vulcain

Cet outil destiné tant aux professionnels qu’aux particuliers est associé au service Alerte Incendies développé par l’OEIL : il suffit à l’utilisateur de s’abonner, et de paramétrer son alerte personnalisée (zone géographique spécifique, type de biens impactés…) pour recevoir l’information par courriel si des feux se déclarent dans ses zones d’intérêt.

> S’abonner au service Alerte Incendies


Carte générée sur Vulcain : les feux détectés entre le 1er janvier et le 11 septembre 2020
(Sources : Nasa, OEIL)

 

Une communication dédiée au grand public

Une documentation dédiée au grand public est disponible gratuitement : 

Extraits de la plaquette bilan des incendies de 2018 en Nouvelle-Calédonie

 

 

Une application de prévision et de signalement

La DSCGR met quant à elle à disposition une application mobile « PREVISION INCENDIE NC ». L’utilisateur est informé en temps réel du niveau de risque d’incendie de la zone où il se situe. En outre, à l’aide d’un smartphone, il peut signaler un départ de feu, transmettre sa localisation précise ou encore envoyer un témoignage photo.

 

 

 

Redoubler de vigilance à la saison sèche : les acteurs de la lutte

 

En matière d’incendies comme de météo, les années se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a d’ailleurs un lien direct entre l’intensité de la sécheresse et le nombre de départs de feux enregistrés. De plus,  alors que l’on observe toujours un pic du nombre d’incendies détectés dans l’année entre les mois août et janvier, il n’y a pas de règle quant au mois le plus impacté : selon les années, on peut observer un pic en septembre, comme en décembre.

Ainsi en Nouvelle-Calédonie, une période officielle de vigilance accrue appelée la SAFF (Saison Administrative des Feux de Forêt) a été établie. Elle s’étend tous les ans du 15 septembre au 15 décembre en cohérence avec la saisonnalité du risque et donc la saison sèche.

Les communes, les provinces, le gouvernement, les services de l’Etat, Météo France, les instituts de recherche, les ONG, les associations environnementales, les autorités coutumières : chacun, selon ses compétences, participe à la lutte contre les incendies tout au long de l’année. L’action des pouvoirs publics se fait selon une hiérarchie précise reposant sur les responsabilités de chacun, l’ampleur de l’incendie et donc les moyens à mettre en œuvre. 

La responsabilité de la lutte sur le terrain incombe aux communes en premier lieu. Si leurs moyens s’avèrent insuffisants, elles peuvent faire appel au centre opérationnel du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie pour qu’il active les moyens de la DSCGR (Direction de la Sécurité Civile et de la Gestion des Risques), qui coordonne alors la réponse de sécurité civile jusqu’à faire appel, si la situation le requiert, à l’Etat. Pendant la Saison Administrative des Feux de Forêt, l’activation de la « Cellule Feux de Forêt 988 » est permanente.

 

En savoir plus sur le plan Orsec Feux de Forêt (sur le site de la DSCGR)

 

Pour approfondir

 

Album

Sources

Résultats des suivis

 

Boite à outils

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