Restitution, par Hervé Léthier
L’atelier sur les indicateurs environnementaux en eau douce a fait tout d’abord clairement ressortir la nécessité de mieux connaître le matériel sur lequel nous avons travaillé.
En effet, une des priorités générales qui est ressortie des travaux réside dans le besoin de disposer rapidement d’une typologie des cours d’eau et des plans d’eau du territoire néocalédonien, à une échelle propre à la gestion de ces milieux. Cela ne demande pas un effort considérable dès lors qu’un tel travail repose en grande partie sur des données et informations d’ores et déjà disponibles, d’ordre principalement climatique, géologique et topographique auxquelles il convient toutefois de croiser quelques données biologiques.
Asseoir un réseau de stations de référence
L’intérêt et même la nécessité d’un tel dispositif est ensuite d’asseoir un réseau de stations de référence pour chaque type hydrogéoécologique, une sorte de référentiel qui permette d’apprécier d’une part le potentiel des milieux naturels à supposer qu’ils soient en bon état écologique et d’apprécier ensuite le différentiel entre cet état idéal ou recommandé et la situation actuelle. L’évaluation des conséquences de la pollution du 1er avril avait fait ressortir ce besoin, que ce soit du reste pour les milieux aquatiques d’eau douce ou pour les milieux marins et terrestres. Un diagnostic quel qu’il soit en effet ne peut que résulter d’un tel rapprochement entre la normalité et l’état analysé.
C’est sur cette base que nous pourrons véritablement être capables ensuite de construire ce diagnostic au cours de visites régulières permettant avec les outils adaptés d’apprécier les tendances d’évolution de ces systèmes aussi complexes que sont les milieux aquatiques. Au passage, s’il est un élément naturel rassemblant tous les citoyens, c’est bien l’eau. C’est un lieu commun de le rappeler : l’eau nous est indispensable.
Les indicateurs, témoins du tableau de bord de la vie
D’où l’idée de disposer ensuite d’instruments de diagnostic adaptés et c’est tout l’enjeu, ainsi que le sujet même de notre rencontre, des indicateurs de qualité des milieux. Ces indicateurs sont en quelque sorte les témoins du tableau de bord de la vie, les témoins que nous avons dans notre voiture qui, tout en nous évitant de connaitre dans le détail le fonctionnement du moteur à explosion et les principes de la thermodynamique, nous informent qu’un évènement est en train de se produire ou qu’il s’est produit. Ces indicateurs ont ce rôle d’appui au diagnostic par une veille continue d’un certain nombre d’éléments objectifs nous renseignant sur l’état de santé des cours d’eau et des plans d’eau. Encore faut-il qu’ils reposent sur des bases scientifiques solides, qu’ils soient robustes disent les spécialistes dans leur jargon, servent l’objectif que l’on s’est fixé. Il faut qu’ils se composent donc des bons critères d’évaluation, pour être ensuite autant utiles que crédibles. Cela passe par un processus de validation des pouvoirs publics, établi en partie sur la base des avis scientifiques préalables.
Ce processus reste à finaliser dans le cas présent et les outils dont nous disposons doivent encore être améliorés pour certains, actualisés pour d’autres, définitivement validés pour l’ensemble.Les services et les spécialistes qui ont la lourde responsabilité de suivre régulièrement l’état de santé de nos cours d’eau doivent ensuite pouvoir utiliser au mieux ces indicateurs, donc bien connaître la matière, bien comprendre et appliquer comme il se doit les protocoles d’emploi de ces instruments ; à cet égard, les participants à l’atelier ont repéré le besoin de formation et d’information des opérateurs dans un cadre qui, à terme, pourrait conduire à une procédure de reconnaissance des compétences, voire d’habilitation, qui comme toute démarche qualité, nous assurent précisément de la qualité des diagnostics.
Hervé Léthier, EMC2I